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Les livres et documents divers traitant de ce sujet ne manquent pas. Mais je n'ai pas trouvé d'exposé qui me permette de créer un modèle d'atmosphère cohérent dont je sois raisonnablement sûr. Pas de problème pour l'atmosphère standard clairement définie par les tables de 1976, et quelques formules. Mais pour l'atmosphère réelle, les spécialistes sont beaucoup moins explicites et se contentent souvent de distiller au fil des pages des formules, des abaques, et des explications qui n'en sont pas.
Qu'on ne sache pas d'où viennent les formules, ce n'est pas grave, c'est juste un peu frustrant. Mais on ne sait même pas si ces formules sont exactes ou approchées. Et dans ce dernier cas, on ne connaît évidemment pas leur domaine de validité.
Sur ce constat, j'ai décidé de me faire une
opinion en partant d'hypothèses raisonnables et aussi
conformes que possible aux parties non ambigües des documents
en ma possession.
Je ne prétends pas avoir découvert quoi que ce soit.
J'espère même que non : mon seul objectif était
de construire un modèle cohérent retrouvant au mieux
les hypothèses que les spécialistes utilisent mais
omettent d'expliciter.
Si je suis certain de la cohérence de mon modèle, je
ne le suis pas de son exactitude. Néanmoins il retrouve bien
les formules classiques, parfois comme formules exactes, parfois
comme formules approchées. Et dans ce dernier cas, toujours
applicables à la tranche d'atmosphère située
entre le niveau de la mer et le FL 120 où mon avion va
évoluer.
Ce modèle d'atmosphère fait l'objet d'une présentation détaillée, avec démonstrations et applications numériques. Cette présentation déborde nettement les besoins de l'étude aérodynamique du DR 400. Je la fournis quand même en espérant qu'elle puisse être utile à quelques lecteurs, comme sa rédaction m'a aidé à clarifier mes idées. Par exemple sur le fonctionnement de l'altimètre.
Ce qui suit est une synthèse qui m'a semblé utile. Au prix de quelques redites, sa lecture ne présuppose pas celle de la présentation complète. Mais elle présente l'inconvénient de décrire, pour ne pas dire parachuter, le modèle d'atmosphère sans en exposer la logique ; les plus curieux devront donc se reporter quand même à la présentation détaillée.
Notre avion va évoluer dans une atmosphère en tout point de laquelle on définit
On définit les valeurs standards suivantes :
Quel que soit le type d'atmosphère (standard ou non) le niveau de référence est défini par le fait que p0std = 1013,25 hPa (surface isobare 1013).
En atmosphère dite standard
----F--->
<---G----Altitudes Z en kft Pressions p en hPa . . . . . . . . . . 10 696,8 . . . . . . . . . . 2 942,1 1 977,2 0 1013,25 (= p0std) -1 1050,4
La fonction G permet d'associer à toute pression p une
altitude notée Zp = G(p) que l'on appelle
altitude pression. Pour une pression p donnée,
l'altitude pression Zp est l'altitude à laquelle
on a, en atmosphère standard, une pression égale
à p. On note qu'au niveau de référence
(surface isobare 1013), p = p0std implique que
Zp = 0
En atmosphère standard, Zp = Z et cette notion
d'altitude pression n'apporte rien. Elle sera par contre utile en
atmosphère quelconque.
L'atmosphère quelconque est semblable à l'atmosphère standard, mais en diffère sur deux points principaux :
Donc, non seulement l'altitude du niveau de
référence (surface isobare 1013) n'est plus fixe par
rapport au niveau de la mer, mais les autres surfaces isobares se
resserrent ou se desserrent selon la valeur de Δt.
C'est dire que cette atmosphère quelconque est totalement
décorrélée de l'altitude Z, et que ce
paramètre Z ne convient pas pour y repérer la
position verticale. Il faut utiliser un autre paramètre,
propre à cette atmosphère : on prend pour ce faire la
pression p, ou mieux l'altitude pression Zp qui lui
correspond.
Ce paramètre Zp permet maintenant de caractériser l'atmosphère quelconque de façon très semblable à celle de l'atmosphère standard :
Remarque : à l'altitude pression Zp quelconque, T = (T0std - μ Zp) + Δt ; donc si on note Tstd = T0std - μ Zp, on a T = Tstd + Δt :
Si à cette définition on ajoute les expressions exactes des fonctions p = F(Z) et Z = G(p) en atmosphère standard, et les formules qui en découlent en atmosphère quelconque, on aura explicitement défini l'atmosphère. C'est ce qui est fait dans la suite.
Altitude pression Zp
L'altitude pression en un point de pression p est donnée par la même expression Zp = G(p) = Z0 [1 - (p / p0std)1/α]
Relation entre altitude Z et altitude pression Zp
En appelant QFF la valeur de la pression p au niveau de la mer,
l'altitude Z est donnée par Z(p) = Z0 [(QFF /
p0std)1/α - (p /
p0std)1/α] - [Δt / (α
μ)] ln(p / QFF)
Ce n'est pas simple, mais c'est explicite !
On peut exprimer la même formule sous des formes plus commodes...
Soit QFE la pression au niveau d'un aérodrome d'altitude
Z_AD. On appelle QNH l'altitude qu'il faut afficher dans la
fenêtre de calage d'un altimètre pour qu'au niveau de
l'aérodrome (et donc soumis à la pression QFE), cet
altimètre affiche l'altitude vraie Z_AD.
Or, par construction, l'altimètre indique Zp -
Zpc, Zp étant l'altitude pression du
lieu où il est placé et Zpc l'altitude
pression correspondant à la pression pc
affichée dans la fenêtre de calage.
Donc la définition du QNH équivaut à
ZQFE - ZQNH = Z_AD.
En tout point de l'atmosphère où règne une
pression p, l'altitude vraie est alors donnée par :
Z(p) = Z(QNH) + (Zp - ZQNH) - (Δt /
µ) ln[(Z0 - Zp ) / (Z0 -
ZQNH)]
avec Z(QNH) = (Δt / µ) ln[1 - Z_AD / (Z0 -
ZQNH)].
Remarque pour ceux qui seraient inquiets : ces formules
nécessitent quelques calculs, et ne sont évidentes
pour personne...
On note qu'en général, l'altitude Z(QNH) est
faible mais non nulle : le QNH n'est pas la pression au niveau de
la mer (pression que nous avons d'ailleurs appelée plus haut
le QFF).
Comme Δt intervient dans l'expression de Z(p) et que
l'altimètre n'en tient pas compte (ce n'est qu'un
baromètre), ce dernier ne peut pas, si Δt est non nul,
afficher une altitude exacte à deux niveaux
différents : si, calé au QNH, il est "juste" à
l'altitude de l'aérodrome, puisqu'il indique bien Z_AD, il
est "faux" au niveau de la mer où il n'indique pas 0. Si
à l'inverse il indique bien zéro au niveau de la mer
(il est alors calé au QFF), il est "faux" partout ailleurs,
et en particulier au niveau de l'aérodrome.
Le choix du calage au QNH constitue un bon compromis : quitte
à devoir faire des corrections de température pour
avoir l'altitude exacte en fonction de l'indication de
l'altimètre, mieux vaut que cette correction soit nulle
à l'altitude à laquelle on a le plus besoin de
précision. Aux autres altitudes, deux avions dont les
altimètres, calés au même QNH, affichent des
altitudes (pressions) différentes ne peuvent entrer en
collision. C'est suffisant, inutile de calculer alors l'altitude
réelle.
La présentation détaillée fournit des formules simplifiées donnant Z(p) en fonction de Zp ainsi que leurs conditions de validité. Elle indique également comment, à l'inverse, calculer l'altitude pression Zp quand on connait l'altitude vraie Z.
J'ai choisi de ne pas inclure de formulaire dans la
présente synthèse, car sans explications il est
difficile de faire le choix de la formule adaptée au
problème à résoudre. Par contre, il me parait
utile de donner une formule approchée qui donne une bonne
idée du lien entre altitudes pressions et altitudes vraies,
et donne des résultats à 50 ft près (et
souvent beaucoup moins) en-dessous du FL 120 :
Z(p) - Z(Q) # (Zp - ZQ) [1 + (Δt /
TM)].
Dans cette formule, Z(p) et Z(Q) sont les altitudes réelles où règnent les pressions respectives p et Q, Zp et ZQ sont les altitudes pressions qui correspondent à p et Q. TM est la température standard à l'altitude pression moyenne (Zp + ZQ) / 2.
Si on remplace "brutalement" TM par T0std = 288 K, il suffit que Q soit dans la fenêtre de calage de l'altimètre et que p soit prise en-dessous du FL 100 (Zp inférieure ou égale à 10 kft) pour que la précision annoncée ci-dessus soit conservée. Or le terme (Δt / T0std) apporte une correction d'environ 100 ft par tranche de 3000 ft et de 10°C. Donc, si Δt > 0, on passe des différences d'altitudes pressions aux différences d'altitudes vraies en leur ajoutant 100 ft par tranche de 3000 ft et de 10°C ; si Δt < 0, on les retranche. Réciproquement, le calcul est le même, au signe près, pour passer des différences d'altitudes vraies aux différences d'altitudes pressions.
Cette formule approchée est très commode en pratique puisque l'altimètre indique justement une différence d'altitudes pressions. Et comme la pression de calage de l'altimètre est forcément dans la fenêtre de calage, la correction de température de 100 ft par tranche de 3000 ft et de 10°C est applicable à toute indication de l'altimètre jusqu'au FL 100.
L'impressionnante formule indiquée plus haut Z(p) =
Z(QNH) + (Zp - ZQNH) - (Δt / µ)
ln[(Z0 - Zp ) / (Z0 -
ZQNH)] devient
Z(p) # Z(QNH) + (Zp - ZQNH) [1 + (Δt /
T0std)]
p = QFE donne, puisque Z(QFE) = Z_AD,
Z_AD # Z(QNH) + (ZQFE - ZQNH) [1 + (Δt
/ T0std)]
Or ZQFE - ZQNH = Z_AD par définition
du QNH ; donc
Z_AD # Z(QNH) + Z_AD [1 + (Δt / T0std)]
Z(QNH) # - Z_AD Δt / T0std : Z(QNH) se
déduit de Z_AD à raison de 100 ft par tranche de 3000
ft et de 10°C.
On remarque que, par différence, Z(p) - Z_AD # (Zp - ZQFE) [1 + (Δt / T0std)] ; c'est une extension "un peu limite" des formules déjà fournies ; "un peu limite" parce que QFE n'étant pas forcément dans la fenêtre de calage de l'altimètre (c'est le cas d'un aérodrome d'altitude) les conditions d'application de la formule Z(p) - Z(Q) # (Zp - ZQ) [1 + (Δt / T0std)] ne sont pas forcément remplies.
Masse volumique de l'air
La masse volumique ρ est donnée par ρ =
ρ0std (Tstd /
T0std)α-1 / (1 + Δt /
Tstd)
ou encore ρ = ρ0std [1 - (Zp /
Z0)]α-1 / (1 + Δt /
Tstd).
Altitude densité Zρ
De même qu'on a défini l'altitude pression, on peut
définir l'altitude densité Zρ qui,
pour une valeur de ρ donnée, est l'altitude à
laquelle on aurait, en atmosphère standard, une
densité égale à ρ /
ρ0std
Zρ et Zp sont liées par la
relation (exacte) Zρ = Zp +
(Tstd / μ) [1 - (Tstd /
T)1/(α-1)] ou par la relation approchée
Zρ # Zp + 0,12 Δt
Le comportement aérodynamique de l'avion dépend de
ρ ou, de façon équivalente, de l'altitude
densité Zρ
Pour étudier, à l'aide de notre modèle de DR 400, le comportement aérodynamique de l'avion sur un aérodrome d'altitude connue, il nous faut trouver les valeurs de p et Zp, puis de ρ au niveau de l'aérodrome, en fonction des données disponibles (généralement le QNH et T ou Δt).
Les formules données dans la présente synthèse fournissent l'essentiel pour y parvenir. Pour une approche plus complète, la présentation détaillée fournit les formules exactes et approchées qui permettent de résoudre ce problème quelles que soient les données disponibles et avec la précision souhaitée. En particulier, elle contient en annexe l'étude détaillée de la pression atmosphérique et de la densité de l'air sur un aérodrome connaissant l'altitude Z_AD de cet aérodrome, ainsi que le QNH et Δt sur cet aérodrome, ou, cas un peu plus difficile, sur un aérodrome voisin.
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